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points tracés

Carolina Noury & Barbara Szaniecki - 30 mars 2026

la langue originale de cet article est le français

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à propos de la contribution

En utilisant des références des domaines de l’anthropologie, des arts visuels et du design, ce projet présente des écritures graphiques ancestrales qui se constituent comme symboles de résistance à la violence coloniale et épistémologique. Les « points tracés » sont des écritures et expressions graphiques de savoirs liés à des esprits ancestraux. Ils prennent place dans le « terreiro », c’est-à-dire un territoire de résistance où sont réalisés les rites des religions d’origine africaine telles que l’umbanda. Les esprits ancestraux y sont évoqués par des chants et des danses. Ainsi, en établissant des relations entre humains et esprits ancestraux, des entités créent des ponts entre plusieurs mondes qui se manifestent par des lignes à la craie ou autres matériaux. Leur force réside dans la possibilité de transformer notre être au monde à partir de savoirs et cultures souvent réprimés par le projet colonial moderne, mais qui sont restés vivants à travers leurs pratiques, leurs expressions et leurs langues.

L’anthropologue Tim Ingold (2022) affirme que le colonialisme a imposé un type de ligne sur un autre. En ce sens, nous cherchons à regarder ces lignes tracées sur le sol même du « terreiro » comme des lignes de vie qui rompent avec la linéarité de la modernité afin de promouvoir un élargissement de notre vision vers d’autres modes d’existence. Selon Gil Amâncio (2023), tout commence par un simple point. Mais, tout seul, il n’engendre pas d’enchantement. Il en faut donc plusieurs pour former une ligne, et plusieurs lignes pour former un point tracé. Contrairement à la linéarité du design moderne, les lignes des points tracés composent des réseaux de significations interconnectées, où chaque ligne exprimée porte en elle la force des ancêtres et la vitalité de l’enchantement.

Les traces de la colonisation vont au-delà de l’être, du savoir et du pouvoir. Elles se reflètent également dans notre imaginaire individuel et collectif. C’est pourquoi nous évoquons des images qui nous amènent à penser d’autres mondes et d’autres modes de vie. « L’imaginaire est à l’exact croisement du sensible et de l’intelligible », écrit Georges Didi-Huberman (2011). La poétique du « point tracé » nous permet de lire le monde à partir d’écritures graphiques cherchant à dépasser les formes de colonialité. Chaque point n’est pas seulement un enregistrement visuel, il est un acte d’affirmation culturelle et de résistance.

Exu est reconnu par des chercheurs des religions africaines-brésiliennes tels que le sociologue Reginaldo Prandi et l’anthropologue et photographe Pierre Verger comme étant l’entité chargée d’équilibrer le cosmos et de produire la connaissance et la vie. Nous avons choisi ses points tracés, c’est-à-dire ses écrits, car il représente le principe de la création et de la traduction du savoir. Tel un maître de l’ouverture du monde dichotomique vers l’ambivalence, il serait capable de montrer qu’une voie au-delà du modèle cartésien est possible. Exu demeure aux carrefours des rues, et c’est là que des offrandes sont déposées. Ici, en reprenant les « points tracés » qui manifestent Exu, nous réalisons une « offrande épistémique » pour lui demander d’envoyer au loin les héritages du projet colonial et sa violence.

Considérer d’autres modes d’écriture à partir des « points tracés » d’Exu, c’est ouvrir des possibilités de modes de construction de la pensée qui nous permettent de transformer les divisions que nous générons en contrastes actifs ayant le pouvoir de produire des affects et des sensibilités. Préparez-vous à entrer dans un « terreiro », à reconnaître les « points tracés » d’Exu parmi ceux d’autres entités et à découvrir des artistes qui élargissent ces pratiques religieuses à d’autres domaines.

En zoomant sur ces images, nous présentons des points tracés et des œuvres d’art qui y font référence afin de réfléchir à la manière dont cette pratique et cette pensée s’étendent du territoire du « terreiro » à l’ensemble de la société, en termes artistiques et culturels, bien au-delà du phénomène du culte religieux. Abdias do Nascimento, acteur, poète, écrivain, dramaturge, artiste visuel, professeur d’université, homme politique et militant pour les droits civils et humains des Africains-Brésiliens ouvre les « points tracés » à bien d’autres interprétations. Chaque œuvre est un rappel de ces pratiques religieuses, mais aussi une invitation à ouvrir d’autres connexions.

crédits

autrices :
Carolina Noury, Esdi/UERJ
Barbara Szaniecki, Esdi/UERJ

design graphique : Carolina Noury & Barbara Szaniecki

soutien scientifique : école doctorale de l’École de design industriel de l’université de l’État de Rio de Janeiro (Programa de Pós-Graduação em Design da Escola Superior de Design da Universidade do Estado do Rio de Janeiros), Terreiro de umbanda Ègbé de Oxalá.

soutien financier : Ce travail a été réalisé avec le soutien de la Coordination pour le perfectionnement du personnel de l’enseignement supérieur – Brésil (Coordenação de Aperfeiçoamento de Pessoal de Nível Superior – CAPES) – Code de financement 001 qui correspond uniquement à une bourse de postdoctorat.

remerciements : Merci à la plateforme « Art, design et société » coordonnée par Francesca Cozzolino, à EnsadLab, à l’Institut de recherche et d’études afro-brésiliennes (Ipeafro) et à l’Instituto Rubem Valentim.

relecture : Nolwenn Chauvin

droits et références

droits et références iconographiques

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Couches 1 et 2
Photographies et design graphique © par les autrices. Reproduites avec autorisation.

Couche 3, crédits des œuvres (de gauche à droite et de haut en bas):

Abdias Nascimento. Exu e Três Tempos de Roxo. Huile sur toile, 76 × 61 cm. Búfalo, 1980. Collection Museu de Arte Negra / Ipeafro.

Abdias Nascimento. Quilombismo (Exu e Ogum). Huile sur toile, 71 × 56 cm. 1980. Collection Museu de Arte Negra / Ipeafro.

Abdias Nascimento. A Criação no 2 : Obatalá e Exu. Acrylique sur toile, 152,5 × 101,7 cm. Búfalo, 1973. Collection Museu de Arte Negra / Ipeafro.

Abdias Nascimento. Bastideana no 3 : Ponto Riscado de Exu Cruzado com Xangô. Acrylique sur toile, 101 × 76 cm. Búfalo, 1972. Collection Museu de Arte Negra / Ipeafro.

Abdias Nascimento. Godorixá : exu. Acrylique sur toile, 76 × 60 cm. Middletown, 1970. Collection privée Paulo Gustavo.

Abdias Nascimento. Exu-Dambalah. Acrylique sur toile, 102 × 51 cm. Búfalo, 1973. Collection Museu de Arte Negra / Ipeafro.

Archives numériques des travaux d’Abdias Nascimento :

OBRAS ABDIAS NASCIMENTO


références et bibliographie

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Amâncio, Gil. 2023. « Ciberterreiro ». Dans Terra: antologia afro-indígena. São Paulo/Belo Horizonte : Ubu Editora / Piseagrama.

Didi-Huberman, Georges. 2011. Atlas ou le gai savoir inquiet. L’œil de l’histoire, 3. Paris : Les Éditions de Minuit.

Fu-Kiau, Kimbwandende Kia Bunseki et Tiganá Santana. 2014. O livro africano sem título: Cosmologia dos Bantu-Kongo. Rio de Janeiro : Cobogó.

Ingold, Tim. [2007] 2022. Linhas. Uma breve história. Traduit par Lucas Bernardes. Rio de Janeiro : Editora Vozes.

Martínez-Ruiz, Bárbaro. 2012. Escritura gráfica kongo y otras narrativas del signo. Mexico : El Colegio de México.

Martins, Leda Maria. 2021. Performances do tempo espiralar, poéticas do corpo-tela. Rio de Janeiro : Cobogó.

Nobre, Ligia Velloso. 2019. Terra-chão em movimento : ponto riscado, arte, ritual. Thèse de doctorat de l’Universidade de São Paulo.
Disponible en ligne :
https://www.teses.usp.br/teses/disponiveis/93/93131/tde-03032020-172852.
Consulté le 3 novembre 2025.

Pedrosa, Adriano et Amanda Carneiro. 2022. Abdias Nascimento: um artista panamefricano. São Paulo : MASP.

Simas, Luiz Antonio et Luiz Rufino. 2018. Fogo no mato. A ciência encantada das macumbas. Rio de Janeiro : Mórula.

Thompson, Robert Farris. 2011. Flash of the Spirit: arte e filosofia africana e afro-americana. São Paulo : Museu Afro Brasil.

pour citer cet article

La citation de cet article est au format Chicago

Noury, Carolina et Barbara Szaniecki. 2026. « Points tracés ». Revue .able : https://doi.org/10.69564/able.fr.26033.pointstraces 

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